Ah qu’il est laid le débit de l’eau

Gerbier_de_Joncs_Ardeche

J’ai la chance de vivre dans une région où la qualité de l’eau est exceptionnelle, malheureusement il n’en va pas de même sur l’ensemble du territoire français.

France Liberté et les associations 60 millions de consommateurs et OWNI viennent de publier les résultats d’une enquête fondée sur des documents publics qui montre que plus de 400 communes françaises distribuent par dérogation, et donc en toute légalité, de l’eau dont les teneurs en polluants tels que les nitrates, l’arsenic, l’atrazine, la simazine, etc etc… dépassent les seuils autorisés.

Sans surprises, le phénomène est particulièrement marqué dans les zones de “grandes cultures” (celles où l’on cultive du colza, du tournesol ou du maïs…) telles que la région Ile de France ou l’Isère en Rhône Alpes, mais aussi dans les région viticoles ou d’arboriculture.

Carte des dérogations aux normes de qualité de l’eau potable en France

C’est en région Ile de France que l’on trouve le plus grand nombre de communes bénéficiant de dérogations. La Seine et Marne “décroche le ponpon” avec quasiment un tiers de l’ensemble des dérogations délivrées sur le territoire français, mais certains départements ou certaines régions comme l’Oise ou la région Bretagne semblent, d’après France Liberté, présenter un nombre de dérogations anormalement faible en regard des pratiques agricoles qui y ont cours.

A noter que sur les 9 communes de l’Essonne qui ont bénéficié de dérogations, 5 se trouvent sur le Parc Régional du Gâtinais ( Champcueil, Champmotteux, Chevannes, Mondeville, Soisy sur Ecole).

Il est intéressant de noter que l’atrazine (herbicide très utilisé sur le maïs pendant de très nombreuses années) est la molécule la plus souvent mise en cause, alors même que son utilisation est interdite dans l’Union Européenne depuis le 30 juin 2003 et qu’à l’époque où elle était utilisée, les agro-chimistes nous expliquaient que sa rémanence dans le sol ne dépassait pas quelques mois… D’autres dérivés chlorés de la triazine, telle que la simazine, sont aussi présents de manière relativement fréquente et à des concentrations élevées (en tous cas supérieures aux seuils sanitaires autorisés).

Il est intéressant de noter aussi que la simazine est un herbicide à action systémique, c’est à dire qu’il se diffuse dans toute la plante via la sève. Il est donc probable que si l’on en trouve dans les nappes phréatiques, l’on en trouve aussi dans le pollen et le nectar des fleurs…

Hormis les “traditionnelles” Agences de l’Eau, il existe un établissement public (l’Office National de l’Eau et des Milieux Aquatiques) chargé de “la restauration et de la préservation des milieux aquatiques via la police de l’eau et de la pêche en eau douce”. Malheureusement, il semble, d’après un rapport de la Cour des Comptes à paraître, que les eaux dans lesquelles navigue cet office ne soient pas très claires, elles non plus.

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Publié dans Ardèche, Environnement, Nature